Le pétrole cher et la hausse des rendements mettent à l'épreuve l'appétit pour le risque

Des prix du pétrole élevés et des rendements obligataires en hausse ne constituent pas la recette idéale pour que les actifs risqués poursuivent leur ascension. Le brut Brent oscille autour de la barre des 90 dollars, alors que les États-Unis et l'Iran ne montrent guère de signes de rapprochement en vue d'un accord. Le président Trump a déclaré que les États-Unis n'avaient prévu aucune discussion avec l'Iran et, bien qu'il maintienne que Washington contrôle le détroit d'Ormuz, les chiffres du transit racontent une histoire plus prudente. La confiance dans la sécurité du passage reste faible, les volumes d'expédition étant toujours bien inférieurs aux niveaux normaux. Cette incertitude persistante continue de maintenir une prime de risque géopolitique intégrée dans le prix du pétrole.

Le coût élevé de l'énergie est un facteur évident qui alimente la hausse des rendements obligataires mondiaux. Les anticipations d'inflation ont poussé les rendements à la hausse sur les principaux marchés, notamment aux États-Unis, au Japon, en Allemagne et en France. Pourtant, ce n'est qu'une partie de l'équation. La hausse des rendements reflète également un marché qui exige une prime de terme plus élevée pour absorber non seulement la vaste quantité de dette souveraine toujours émise, mais aussi les emprunts substantiels liés au développement des dépenses d'investissement dans l'IA. Les investisseurs insistent pour obtenir une meilleure rémunération pour détenir des titres à plus longue échéance dans un environnement marqué par une offre abondante et un risque d'inflation persistant.
Le S&P 500 a réussi à atteindre un nouveau sommet historique la semaine dernière, soulignant la résilience dont les actifs risqués ont fait preuve jusqu'à présent. Cependant, la poursuite de la hausse semble considérablement plus difficile si le pétrole et les rendements obligataires continuent de grimper. Les marchés boursiers ont démontré leur capacité à ignorer un certain niveau de bruit géopolitique et énergétique, mais la combinaison d'un pétrole à 90 dollars et de rendements à long terme au plus haut depuis plusieurs années commence à mettre cette tolérance à l'épreuve.
L'or reste pris entre des forces contradictoires. L'indice du dollar s'est maintenu sous le niveau des 100 points jusqu'à présent, soutenu par la série de données américaines plus faibles publiées au cours des deux dernières semaines et par la révision à la baisse des attentes de hausse des taux de la Réserve fédérale à court terme. Cette faiblesse relative du dollar a offert un peu de répit au métal précieux. Parallèlement, la persistance de prix élevés du pétrole continue de constituer un frein en maintenant vives les inquiétudes liées à l'inflation et en limitant la marge de manœuvre pour un discours plus accommodant sur les taux. Pour que l'or puisse sérieusement viser le niveau des 4 500 dollars à court terme, il faudra probablement que le dollar américain reste atone et que les prix du pétrole marquent une baisse nette. Sans ces conditions, une poursuite de la hausse pourrait s'avérer difficile à soutenir. Les niveaux techniques à surveiller incluent un support à 4 306 et 4 220 dollars, avec une résistance située à 4 464 dollars.

En ce qui concerne l'avenir, le principal élément du calendrier économique est la publication du compte rendu de la réunion de juillet du FOMC de la Réserve fédérale, prévue mercredi. Comme toujours, les traders examineront le document à la recherche de nouveaux indices sur la réflexion du Comité concernant la politique future. Cela étant dit, la série de données plus faibles publiées depuis la réunion, notamment des chiffres de l'emploi plus faibles, des lectures de l'IPC et de l'IPP plus modérées et des ventes au détail en baisse, a déjà modifié l'évaluation du marché concernant la réunion de septembre. Ce qui était considéré comme une hausse de taux probable il y a peu de temps est désormais fermement classé dans la catégorie « peu probable ». Par conséquent, le compte rendu pourrait avoir moins d'impact immédiat sur le marché que d'habitude.
Au-delà du compte rendu de la Fed, le calendrier économique est relativement léger cette semaine. L'absence de publications de données majeures devrait accentuer l'attention sur les deux variables qui ont dominé l'évolution récente des prix : l'orientation des prix du pétrole et la trajectoire des rendements obligataires mondiaux. Ces deux éléments restent les principaux facteurs déterminants pour les actifs risqués à court terme. Tant que le pétrole restera élevé et que les rendements à long terme continueront de grimper, les actions auront du mal à prolonger leurs gains récents, tandis que l'or aura besoin d'une amélioration plus nette du dollar ou du contexte énergétique pour retrouver une dynamique plus forte.



